Published on May 15, 2024

Contrairement à l’idée reçue, votre expérience non-technique n’est pas un frein pour une reconversion en TI au Québec, c’est votre principal levier de négociation.

  • La pénurie de talents pousse les entreprises à valoriser les compétences transférables (gestion, communication) autant que le code.
  • Un portfolio ciblé et une spécialisation en backend, où la demande est forte, permettent de se démarquer des profils juniors traditionnels.

Recommandation : Concentrez-vous sur la création d’un récit qui fusionne votre maturité professionnelle avec vos nouvelles compétences techniques pour viser un salaire de 70 000 $ dès le premier poste.

Il y a quelques années, j’étais exactement là où vous êtes peut-être en ce moment. Coincé dans une carrière qui ne me passionnait plus, je regardais le secteur des technologies de l’information (TI) avec un mélange d’envie et d’appréhension. L’idée de tout recommencer à zéro, surtout passé la trentaine, était terrifiante. Le discours ambiant se résume souvent à « apprendre à coder », suivre un bootcamp et espérer décrocher un premier emploi. On parle du salaire, de la demande, mais rarement de la stratégie qui fait la différence entre un poste junior précaire et une véritable carrière bien rémunérée.

L’écosystème québécois est unique. La demande est réelle, mais les entreprises ne cherchent pas seulement des « pisseurs de code ». Elles cherchent des solutions à leurs problèmes d’affaires. Et si la clé de votre succès n’était pas d’effacer votre passé professionnel, mais au contraire, de le brandir comme votre meilleur atout ? Si vos années en gestion de projet, en service client ou en analyse financière étaient précisément ce qui vous distinguait des centaines d’autres juniors ? C’est le pari que j’ai fait, et celui qui m’a permis de négocier un salaire de départ bien au-delà de la moyenne junior.

Cet article n’est pas un guide de plus sur “comment apprendre Python”. C’est un partage d’expérience, une feuille de route stratégique pour vous, le professionnel de 30-45 ans qui veut se reconvertir. Nous allons déconstruire le processus, étape par étape, pour transformer votre expérience en un « atout dormant » et viser cet objectif de 70 000 $CAD. Nous verrons pourquoi les entreprises vous cherchent, comment construire votre crédibilité sans expérience, quelle voie choisir et, surtout, comment positionner votre valeur unique sur le marché québécois.

Ce guide est structuré pour vous accompagner de la prise de conscience à l’action. Chaque section aborde une étape clé de votre transition, en vous donnant des conseils concrets et des perspectives basées sur la réalité du marché du travail au Québec.

Pourquoi les entreprises TI québécoises recrutent des profils reconvertis sans diplôme en informatique ?

La première chose à comprendre, c’est que le marché du travail en TI au Québec n’est pas un club exclusif réservé aux titulaires de baccalauréats en informatique. C’est un marché en tension profonde. La réalité, c’est que les entreprises sont désespérées. Une étude récente de Robert Half a révélé que 88% des responsables technologiques au Canada ont du mal à trouver des candidats qualifiés. Cette pénurie change complètement les règles du jeu. L’exigence rigide du diplôme s’efface devant un besoin criant de compétences, qu’elles soient techniques ou humaines.

Plus précisément, un sondage KPMG a mis en lumière que 84% des entreprises québécoises ont un besoin urgent de travailleurs avec des compétences numériques. Le hic ? Deux tiers de ces entreprises n’arrivent pas à les recruter. Ce vide crée une opportunité en or pour les profils en reconversion. Pourquoi ? Parce que vous apportez quelque chose que les finissants traditionnels n’ont pas : la valeur de maturité. Votre expérience en communication, en résolution de problèmes complexes ou en gestion de projet est un « atout dormant » extrêmement précieux. Les entreprises réalisent qu’il est souvent plus simple d’enseigner la technique à un professionnel mature et fiable que d’enseigner la maturité à un jeune technicien brillant.

Cette ouverture n’est pas un simple vœu pieux, c’est une stratégie de survie pour les entreprises. Elles valorisent de plus en plus les compétences transférables, car elles savent qu’un bon développeur n’est pas juste quelqu’un qui écrit du code, mais quelqu’un qui comprend les enjeux d’affaires, interagit avec des clients et contribue à un projet de A à Z. Votre passé professionnel devient alors votre principal argument de différenciation. Au lieu de le cacher, vous devez apprendre à le « marketer » comme la solution au problème de l’employeur.

En somme, le besoin des entreprises a évolué. Elles ne cherchent plus seulement un diplôme, mais un ensemble de compétences et une maturité professionnelle. C’est cette brèche qui rend votre projet de reconversion non seulement possible, mais stratégiquement avantageux.

Comment créer un portfolio de développeur qui compense 0 an d’expérience en 9 mois ?

Quand on n’a aucune expérience professionnelle en TI à mettre sur son CV, le portfolio n’est pas une option, c’est une nécessité absolue. C’est votre seule et unique preuve de compétence. Mais attention, l’erreur classique est de le remplir de projets tutoriels identiques à ceux de milliers d’autres candidats. Votre objectif est de créer un « portfolio-preuve » : un ensemble de projets qui non seulement démontre votre maîtrise technique, mais qui raconte une histoire, celle de votre transition. Il doit prouver que vous savez résoudre des problèmes concrets.

La stratégie la plus efficace est la fusion de compétences. Choisissez 2 ou 3 projets qui créent un pont entre votre ancienne carrière et la nouvelle. Vous étiez dans la finance ? Créez un tableau de bord d’analyse de budget personnel. Dans la restauration ? Développez une petite application de gestion de réservations. L’idée est de montrer aux recruteurs que vous comprenez un domaine métier et que vous pouvez y appliquer une solution technique. Cela vous positionne immédiatement au-dessus du lot des juniors qui ont simplement refait un clone de Twitter.

Ce portfolio doit être impeccable et refléter le professionnalisme que vous aviez dans votre vie d’avant. Cela passe par un code propre et commenté, l’utilisation de Git et de GitHub de manière rigoureuse, et un README clair pour chaque projet, expliquant le problème, la solution apportée et les technologies utilisées. C’est un travail qui prend du temps, typiquement de 6 à 9 mois en parallèle d’une formation, mais c’est cet investissement qui déclenchera les appels des recruteurs. L’expérience de Julien, reconverti à 35 ans, le confirme parfaitement. Il souligne l’importance d’avoir des projets concrets, qui ont été le principal déclencheur de l’intérêt des recruteurs sur LinkedIn, avant même la fin de sa formation.

Développeur travaillant sur un projet portfolio avec des maquettes d'applications québécoises

Comme le montre cette image, votre espace de travail doit devenir un laboratoire où vos idées prennent forme. Chaque ligne de code doit construire votre crédibilité. C’est ce travail de fond qui m’a personnellement permis de me sentir légitime en entrevue. Je ne parlais pas de ce que j’avais appris, mais de ce que j’avais *construit*. C’est un changement de posture fondamental.

Votre portfolio est la pierre angulaire de votre reconversion. Il doit être le reflet de votre ambition et la preuve tangible que vous êtes prêt à apporter de la valeur dès le premier jour.

Bootcamp intensif, AEC en programmation ou apprentissage autodidacte : quelle voie de reconversion TI ?

Une fois la décision prise, la question la plus angoissante est : quelle est la meilleure voie pour apprendre ? Il n’y a pas de réponse unique, car le choix dépend de votre situation personnelle, de votre capacité d’investissement (temps et argent) et de votre style d’apprentissage. Au Québec, trois grandes voies se dessinent, chacune avec ses avantages et ses inconvénients. Les analyser objectivement est la première étape pour ne pas se tromper.

Le bootcamp intensif est la voie rapide. En 3 à 6 mois, vous êtes immergé dans un environnement exigeant qui simule un vrai travail de développeur. C’est une excellente option si vous pouvez vous permettre d’arrêter de travailler et d’investir une somme conséquente. L’avantage principal est le rythme et l’encadrement, qui vous poussent à produire rapidement un portfolio. L’AEC (Attestation d’études collégiales) en programmation, offerte par les cégeps, est une option plus structurée et moins coûteuse. Sur 12 à 24 mois, souvent à temps partiel, elle délivre un diplôme reconnu par l’État, ce qui peut rassurer certains employeurs plus traditionnels. C’est un bon compromis entre la flexibilité et la reconnaissance formelle.

Enfin, la voie autodidacte, potentiellement combinée avec des programmes comme le PRATIC, offre une flexibilité maximale et un coût quasi nul. C’est la voie que j’ai personnellement suivie en grande partie. Elle demande une discipline de fer et une grande autonomie pour structurer son propre parcours et construire son portfolio. Le défi est de rester motivé et de savoir quoi apprendre. Côté salaire, il est intéressant de noter que les différences à l’entrée sont moins marquées qu’on ne pourrait le croire. Selon les données de TECHNOCompétences, le salaire de départ moyen tourne autour de 50 500 $CAD pour un développeur débutant à Montréal, quelle que soit la formation, car au final, c’est le portfolio qui parle.

Le tableau suivant résume les caractéristiques clés de chaque parcours pour vous aider à visualiser le compromis à faire.

Comparaison des voies de formation en développement au Québec
Critères Bootcamp intensif AEC (Cégep) Autodidacte + PRATIC
Durée 3-6 mois 12-24 mois Variable (6-18 mois)
Coût estimé 8000-15000 $CAD 3000-5000 $CAD 0-2000 $CAD
Format Intensif temps plein Temps partiel possible Flexible
Salaire d’entrée moyen 50 000-65 000 $CAD 46 000-60 000 $CAD 45 000-55 000 $CAD
Reconnaissance Variable Diplôme reconnu Dépend du portfolio

Le choix final vous appartient. Il n’y a pas de mauvais chemin, seulement un chemin qui n’est pas adapté à votre réalité. L’important est de s’engager pleinement dans la voie choisie et de se concentrer sur l’objectif final : la construction d’un portfolio solide.

L’erreur des reconvertis TI qui visent le développement web frontend alors que le backend manque de 3000 développeurs

C’est l’erreur que j’ai failli commettre, et que je vois partout autour de moi. Fascinés par le côté visible et créatif du web, 90% des profils en reconversion se jettent sur le développement frontend (HTML, CSS, JavaScript/React). Le problème ? C’est un marché de plus en plus saturé au niveau junior. Pendant ce temps, une pénurie silencieuse mais massive fait rage du côté du backend, la partie immergée de l’iceberg qui fait fonctionner les applications.

Le backend, c’est la plomberie, l’électricité d’un bâtiment. C’est moins sexy, mais absolument fondamental. Il s’agit de gérer les serveurs, les bases de données, la logique applicative. Les langages comme Java, .NET, Python ou PHP y sont rois. Pourquoi y a-t-il une telle demande ? Parce que les grandes entreprises québécoises (banques, assurances, services publics) ont des systèmes complexes et robustes qui reposent sur ces technologies. Elles cherchent des développeurs capables d’assurer la stabilité, la sécurité et la performance de leurs infrastructures critiques. Le profil du reconverti, avec sa maturité et sa capacité à comprendre des systèmes complexes, est particulièrement adapté à ces environnements.

Viser le backend est un choix stratégique qui vous sortira de la mêlée. Moins de candidats, des besoins plus criants et des salaires d’entrée souvent plus élevés. C’est le « décodage du marché caché ». Pendant que tout le monde se bat pour des postes de « créateur de sites web », vous vous positionnez sur des postes de « constructeur d’infrastructures logicielles », bien plus valorisés. C’est un pari sur le long terme. Les compétences en architecture de données, en gestion d’API et en sécurité sont des atouts qui ne se démodent pas.

Vue macro de circuits électroniques représentant l'infrastructure backend

Plan d’action : cibler le backend pour maximiser vos opportunités

  1. Maîtrisez un langage backend en demande : concentrez-vous sur un écosystème comme Java/Spring, .NET, ou Python/Django.
  2. Ciblez les grands employeurs stables : préparez-vous pour les processus de recrutement de la Banque Nationale, Desjardins, ou iA Groupe financier.
  3. Développez des compétences en données et API : apprenez à concevoir et interroger des bases de données (SQL) et à construire des API RESTful.
  4. Obtenez une certification cloud : une certification de base sur AWS ou Microsoft Azure est un différenciateur majeur.
  5. Mettez en avant vos compétences analytiques : montrez comment votre capacité d’analyse de votre ancien métier s’applique à la logique backend.

En choisissant le backend, vous ne suivez pas la foule. Vous répondez à un besoin profond et mal comblé du marché, ce qui vous donne un avantage considérable pour la négociation et l’évolution de votre carrière.

Comment positionner vos 10 ans d’expérience en gestion pour négocier 70 000 $CAD dès votre premier poste TI ?

Voici le cœur de la stratégie. Atteindre 70 000 $ dès votre premier poste n’est pas une question de chance, c’est une question de positionnement. Vous n’êtes pas un junior de 20 ans. Vous êtes un professionnel expérimenté avec un nouvel ensemble de compétences techniques. C’est cette dualité qui fait votre valeur. L’erreur serait de vous présenter comme un débutant total. Vous devez au contraire construire un récit où vos 10 ans d’expérience en gestion (ou tout autre domaine) ne sont pas une parenthèse, mais le socle sur lequel repose votre nouvelle carrière.

Concrètement, sur votre CV et en entrevue, chaque compétence transférable doit être traduite en langage TI. Votre « gestion de projet » devient une « compréhension de la méthodologie Agile et de la livraison de produit ». Votre « communication avec les clients » devient votre « capacité à recueillir les besoins utilisateurs et à faire le pont entre les équipes techniques et métiers ». Votre « gestion de budget » devient une « sensibilité aux contraintes économiques d’un projet ». Vous n’êtes plus un simple “codeur”, vous êtes un futur leader technique potentiel qui comprend les réalités de l’entreprise.

C’est ce positionnement qui justifie un salaire supérieur à la moyenne junior. L’étude salariale de Fed IT est claire : si le salaire d’un profil junior démarre autour de 50-60k$, celui d’un profil avec quelques années d’expérience grimpe très vite. En vendant votre maturité, vous demandez à être positionné non pas au bas de l’échelle, mais à un échelon intermédiaire. Selon cette même étude, un profil junior peut atteindre 70 000 $CAD en développement full-stack, et c’est précisément ce que votre expérience non-technique vous permet de viser. Vous comblez le “gap” d’expérience technique par votre expérience professionnelle globale.

Ne vous sous-estimez jamais. Vous n’êtes pas en train de quémander un emploi. Vous proposez une combinaison de compétences rare et précieuse. C’est en adoptant cette posture que vous atteindrez non seulement vos objectifs salariaux, mais que vous lancerez votre nouvelle carrière sur des bases solides.

Comment passer d’un métier traditionnel à un poste en énergie renouvelable au Québec sans repartir de zéro ?

Une fois que vous avez acquis un socle de compétences en développement, un monde de possibilités s’ouvre au-delà des entreprises de logiciels pures. Votre capacité à fusionner votre nouvelle expertise technique avec un intérêt pour un secteur spécifique devient un puissant levier de carrière. Le domaine des énergies renouvelables au Québec en est un exemple parfait. C’est un secteur en pleine expansion, porté par des géants comme Hydro-Québec mais aussi par une myriade de PME innovantes comme Boralex ou Innergex.

La transition énergétique est avant tout une transition numérique. La gestion des parcs éoliens, l’optimisation des réseaux hydroélectriques, le suivi de la consommation : tout cela repose sur des logiciels, des bases de données et des analyses complexes. Un développeur qui comprend les enjeux énergétiques est une perle rare. C’est là que votre profil de reconverti peut briller. Vous pouvez vous spécialiser dans des compétences très recherchées dans ce secteur : le développement en Python pour l’analyse de données de production, la maîtrise de l’Internet des Objets (IoT) pour connecter les capteurs sur le terrain, ou encore la connaissance des systèmes de contrôle industriels (SCADA) et leur cybersécurité.

L’avantage de cibler une telle niche est double. D’une part, la concurrence est moins rude que pour des postes de développeur web génériques. D’autre part, vous pouvez donner un sens très concret à votre travail, en contribuant à un enjeu de société majeur. Pour un professionnel venant d’un métier traditionnel, c’est une façon de ne pas repartir de zéro, mais de construire sur ses intérêts. Il ne s’agit plus seulement d’apprendre à coder, mais d’apprendre à coder *pour* un secteur qui vous passionne. C’est une stratégie de différenciation extrêmement puissante sur le marché du travail québécois, qui connaît une forte croissance dans les services professionnels et techniques.

Envisager ces industries de pointe n’est pas une distraction, mais une vision à long terme. Cela montre que la reconversion en TI n’est pas une fin en soi, mais une porte d’entrée vers une multitude de domaines d’avenir.

Postdoc académique ou poste de recherche chez Ericsson ou Hydro-Québec : quelle voie au Québec ?

Ma reconversion s’adressait à un profil comme le mien, sans bagage technique avancé. Cependant, je rencontre parfois des gens qui, venant de la recherche académique (maîtrise, doctorat), envisagent aussi une transition vers l’industrie. Pour eux, le dilemme est différent. Faut-il poursuivre dans la voie académique avec un postdoc, ou faire le saut vers un poste de recherche et développement (R&D) dans une grande entreprise comme Ericsson, Thalès ou Hydro-Québec ? C’est une question cruciale qui définit une trajectoire de carrière au Québec.

La voie du postdoc académique offre une grande liberté intellectuelle et la possibilité de publier, ce qui est valorisant. Cependant, elle est souvent synonyme de précarité, avec des contrats courts (1-3 ans) et des salaires relativement modestes. C’est un chemin exigeant qui mène à un nombre très limité de postes de professeur. La recherche industrielle, en revanche, offre une stabilité d’emploi bien plus grande (CDI majoritaires) et des salaires d’entrée qui sont souvent le double, voire le triple, de ceux d’un postdoc. La contrepartie est une recherche plus appliquée, orientée vers des produits ou des services spécifiques de l’entreprise.

Pour un titulaire de PhD, le choix dépend de ses priorités. Le tableau ci-dessous met en perspective ces deux mondes, qui sont tous deux très présents dans l’écosystème d’innovation québécois.

Comparaison postdoc vs industrie pour PhD au Québec
Critères Postdoc académique Recherche industrielle
Salaire moyen 45 000-55 000 $CAD 80 000-120 000 $CAD
Stabilité d’emploi Contrats 1-3 ans CDI majoritaires
Évolution de carrière Vers professeur (compétitif) Vers management R&D
Liberté de recherche Élevée Orientée produit
Compétences valorisées Publications, enseignement Applications pratiques, collaboration

Les entreprises sont d’ailleurs en pleine compétition pour attirer ces hauts profils, comme le souligne Robert Half Canada dans son rapport sur le marché de l’emploi technologique :

Les entreprises misent de plus en plus sur des régimes d’avantages sociaux bonifiés, une augmentation du nombre de jours de congé et des programmes de développement professionnel solides.

– Robert Half Canada, Rapport sur le marché de l’emploi technologique 2025

Finalement, le Québec offre des opportunités de classe mondiale dans ces deux voies. Le défi est de choisir celle qui correspond le mieux à sa définition du succès et de l’épanouissement professionnel.

À retenir

  • Votre expérience non-technique est votre plus grand atout, pas une faiblesse. Apprenez à la “vendre”.
  • Le portfolio est votre CV. Privilégiez des projets qui résolvent des problèmes réels, idéalement liés à votre ancien métier.
  • Le marché du backend est moins saturé et souvent plus rémunérateur pour les juniors. C’est un choix stratégique majeur.

Secteurs technologiques au Québec : où se trouvent réellement les opportunités pour un professionnel tech ?

Savoir coder, c’est bien. Savoir où postuler, c’est mieux. Le paysage technologique québécois est loin d’être uniforme. Comprendre sa géographie et ses secteurs porteurs est essentiel pour ne pas gaspiller son énergie. Si Montréal est sans conteste l’épicentre, il serait une erreur de négliger les autres régions dynamiques. Selon les données du secteur, près de 48% des travailleurs TI sont concentrés dans la région de Montréal, mais des pôles d’excellence émergent à Québec, Sherbrooke ou en Montérégie, souvent avec une meilleure qualité de vie et un coût du logement plus faible.

Au-delà de la géographie, il faut regarder les secteurs d’activité. L’erreur classique est de ne penser qu’aux entreprises “tech” pures (startups, éditeurs de logiciels). Or, les plus grandes vagues de recrutement se trouvent souvent dans les secteurs traditionnels en pleine transformation numérique. Le secteur de la finance et des assurances a connu une croissance spectaculaire. De même, la forte hausse de l’emploi dans le commerce de gros et de détail montre que ces entreprises investissent massivement dans leurs systèmes de commerce électronique et leur logistique pour rester compétitives.

Pour un profil en reconversion, cibler ces secteurs “traditionnels” est une stratégie gagnante. Votre compréhension des enjeux métiers y sera particulièrement valorisée. Une personne venant du secteur bancaire aura une crédibilité instantanée pour un poste TI chez Desjardins. Un ancien logisticien sera un candidat de choix pour un poste de développeur chez un grand détaillant. C’est le principe de la fusion de compétences poussé à son maximum. Il s’agit de trouver l’intersection parfaite entre votre passé et votre avenir.

  • Ciblez les secteurs stables : les institutions financières, les compagnies d’assurances et les services publics (comme Hydro-Québec) sont de grands pourvoyeurs d’emplois TI stables et bien rémunérés.
  • Explorez les opportunités en région : des régions comme Chaudière-Appalaches affichent des taux de chômage très bas et une forte demande, offrant un cadre de vie différent.
  • Visez les PME et les programmes d’aide : beaucoup de PME québécoises sont éligibles au programme PRATIC, qui subventionne la formation et l’intégration de nouveaux talents en TI.

En analysant le marché avec cette grille de lecture, vous ne cherchez plus seulement un “emploi de développeur”, mais une opportunité stratégique où votre profil unique aura le plus d’impact. C’est le dernier élément clé pour transformer votre reconversion en un succès durable et bien rémunéré au Québec.

Written by Sophie Gagnon, Sophie Gagnon est conseillère principale en emploi et recrutement TI depuis 14 ans, certifiée CRHA (Conseillère en ressources humaines agréée) et titulaire d'un baccalauréat en relations industrielles de l'Université Laval. Elle occupe actuellement le poste de directrice acquisition de talents dans une entreprise technologique montréalaise de 400 employés spécialisée en intelligence artificielle.