
La voie royale vers une carrière payante dans les énergies propres au Québec n’est pas un diplôme d’ingénieur, mais une spécialisation technique ciblée.
- Le vrai manque de personnel se trouve sur le terrain (éolien, solaire), pas dans les bureaux surchargés de Montréal.
- Des certifications courtes et la reconversion de métiers traditionnels offrent le meilleur retour sur investissement.
Recommandation : Ciblez les formations techniques en région et les certifications de sécurité (ASP, GWO) pour devenir un candidat incontournable.
Vous êtes en transition professionnelle ou jeune diplômé, et le secteur des énergies propres au Québec vous attire comme une promesse d’avenir. On vous parle de transition énergétique, de croissance verte, et l’idée de participer à ce mouvement est séduisante. Le conseil habituel ? Obtenir un diplôme universitaire, viser un poste de chargé de projet ou d’ingénieur et espérer se faire une place dans les grandes entreprises de Montréal. C’est une voie possible, mais ce n’est ni la plus rapide, ni la plus demandée, ni souvent la plus lucrative.
En tant que recruteur spécialisé dans ce secteur, je vois la réalité du terrain tous les jours. Je vois des projets éoliens qui prennent du retard non pas par manque d’ingénieurs, mais par manque de techniciens qualifiés pour monter et entretenir les turbines. Je vois des diplômés universitaires accepter des stages précaires pendant que des électriciens qui ont suivi quelques formations ciblées dépassent rapidement leur salaire. La véritable opportunité, le déficit criant de main-d’œuvre, n’est pas toujours là où le marketing des programmes universitaires vous le dit.
Mais alors, si la clé n’était pas un long parcours académique, mais plutôt un arbitrage intelligent de certifications et la valorisation de compétences techniques ? Cet article va vous donner une perspective de recruteur. Nous allons décortiquer les filières qui manquent réellement de bras, les certifications qui ouvrent les portes à 90% des postes bien payés, et comment des métiers traditionnels peuvent devenir un tremplin vers une carrière durable et lucrative dans les énergies renouvelables au Québec, loin des clichés et des promesses en l’air.
Ce guide est conçu pour vous fournir une feuille de route réaliste. Nous explorerons ensemble les opportunités concrètes, les salaires, les régions qui recrutent et les erreurs à ne pas commettre pour transformer votre intérêt pour les énergies propres en une véritable carrière d’avenir.
Sommaire : Le guide terrain pour une carrière en énergies renouvelables au Québec
- Pourquoi le Québec manque de 2000 techniciens en éolien alors que les projets se multiplient ?
- Comment obtenir les certifications éoliennes ou solaires qui ouvrent 90% des postes au Québec ?
- Technicien d’éoliennes ou chargé de projets solaires : quelle voie pour une carrière durable au Québec ?
- L’erreur des diplômés qui acceptent des stages en énergies propres à 15 $CAD/h sans perspective d’embauche
- Quelles régions du Québec recruteront le plus dans les énergies propres d’ici 2028 ?
- Comment passer d’un métier traditionnel à un poste en énergie renouvelable au Québec sans repartir de zéro ?
- Plomberie, électricité ou HVAC : quel métier traditionnel rapporte le plus au Québec actuellement ?
- Métiers traditionnels au Québec : comment atteindre 75 000 $CAD sans diplôme universitaire ?
Pourquoi le Québec manque de 2000 techniciens en éolien alors que les projets se multiplient ?
Le paradoxe du secteur éolien québécois est frappant. D’un côté, le secteur a généré 10 milliards de dollars d’investissements depuis 1999, créant un écosystème dynamique. De l’autre, des centaines de postes de techniciens restent vacants. La raison n’est pas un manque d’intérêt, mais un profond déséquilibre géographique et de compétences. Les centres de formation sont principalement dans les grands centres urbains, alors que les parcs éoliens, eux, sont installés en région, notamment en Gaspésie et dans l’Est-du-Québec.
Ce décalage crée une pénurie criante de main-d’œuvre sur le terrain. Alors que les bureaux d’ingénierie à Montréal et Québec reçoivent des centaines de candidatures, les employeurs en région peinent à trouver des techniciens pour la maintenance, l’inspection et la réparation des éoliennes. Le secteur compte déjà près de 5000 emplois au Québec, dont 1200 en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, et la demande ne fait que croître avec les nouveaux projets annoncés par Hydro-Québec. Le problème n’est donc pas le volume d’emplois, mais leur localisation.
Pour un candidat, c’est une information cruciale. Viser une carrière dans l’éolien signifie souvent accepter une mobilité géographique, du moins au début. C’est aussi comprendre que la valeur n’est pas seulement dans la conception des projets, mais surtout dans leur opération et leur maintenance à long terme. Les entreprises sont prêtes à payer cher pour des techniciens fiables et qualifiés capables de travailler en hauteur et dans des conditions parfois difficiles. C’est là que se trouve la véritable porte d’entrée, stable et lucrative, pour quiconque est prêt à sortir des sentiers battus métropolitains.
Comment obtenir les certifications éoliennes ou solaires qui ouvrent 90% des postes au Québec ?
Oubliez l’idée qu’un long diplôme universitaire est le seul sésame. Dans le secteur des énergies renouvelables, et particulièrement pour les postes techniques, les employeurs recherchent avant tout des certifications spécifiques et reconnues. C’est un arbitrage de compétences : un DEP en électromécanique complété par les bonnes attestations aura souvent plus de valeur sur le terrain qu’un baccalauréat en génie sans expérience pratique. La clé est de construire un portefeuille de compétences qui répond directement aux exigences de sécurité et de technicité des chantiers.
Ces certifications agissent comme des passeports. Sans la carte ASP Construction, impossible de mettre un pied sur un chantier au Québec. Pour l’éolien, les certifications GWO (Global Wind Organisation) sont devenues la norme internationale exigée par la quasi-totalité des opérateurs de parcs. Elles couvrent la sécurité en hauteur, les premiers soins, la manutention et la survie en milieu isolé. Pour le solaire, les certifications liées à la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) et à la Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ) sont indispensables pour les installations connectées au réseau.

Le tableau suivant, basé sur l’analyse des offres d’emploi, résume les certifications les plus demandées par les employeurs québécois. Il montre clairement la distinction entre les parcours d’ingénieur et de technicien.
| Certification | Domaine | Employeurs demandeurs | Niveau requis |
|---|---|---|---|
| Baccalauréat génie électrique/IGEE | Ingénierie | Hydro-Québec, Tetra Tech | Obligatoire ingénieurs |
| ASP Construction | Sécurité chantier | Tous développeurs éoliens | Obligatoire terrain |
| DEP/DEC techniques | Électromécanique | Boralex, Innergex | Techniciens |
| Formation GWO | Sécurité éolienne | Parcs éoliens | Spécialisation |
Pour un candidat stratégique, l’objectif est de suivre un parcours qui combine une base technique solide avec les certifications de sécurité obligatoires. C’est l’itinéraire le plus direct vers un emploi bien rémunéré.
Votre plan d’action pour les certifications en éolien
- Fondation technique : Obtenir un DEP en électromécanique ou maintenance industrielle dans un centre de formation professionnelle (CFP) québécois.
- Accès chantier : Compléter la formation ASP Construction pour l’accès sécuritaire aux chantiers, une exigence non négociable au Québec.
- Spécialisation académique : Suivre une formation spécialisée comme celles offertes par l’UQAR ou le Cégep de la Gaspésie et des Îles pour approfondir ses connaissances théoriques.
- Passeport éolien : Obtenir les certifications GWO (Basic Safety Training) via un centre agréé comme Nergica ou Formation SIM.
- Expertise avancée : Après 2-3 ans d’expérience, viser des certifications de niche (inspection de pales, haute tension, réparation de composites) pour accéder à des postes seniors.
Technicien d’éoliennes ou chargé de projets solaires : quelle voie pour une carrière durable au Québec ?
La question n’est pas seulement de savoir “dans quoi” travailler, mais “comment”. Les carrières de technicien de maintenance et de chargé de projet représentent deux philosophies professionnelles très différentes au sein des énergies renouvelables. Comprendre leurs trajectoires respectives est essentiel pour faire un choix aligné avec vos aspirations et vos compétences. Ce n’est pas une question de supériorité, mais de nature de travail.
Le technicien d’éoliennes (ou de centrale solaire) est l’expert du terrain. Sa carrière est axée sur une expertise technique profonde. Il commence par le diagnostic et la réparation, puis évolue vers des postes de superviseur de maintenance, de formateur technique ou de spécialiste en inspection (pales, boîtes de vitesse). Sa valeur réside dans sa connaissance intime de l’équipement. C’est une voie où l’expérience pratique prime sur tout. La progression est linéaire et mène à des salaires très confortables, souvent grâce aux primes de déplacement et de travail en conditions spéciales.
Le chargé de projets solaires (ou éoliens) opère davantage dans la sphère stratégique. Sa carrière est orientée vers la gestion, la coordination et le développement. Il débute en assistant des gestionnaires de projet, puis prend en charge ses propres projets, de la recherche de sites à l’obtention des permis, jusqu’à la supervision de la construction. Sa valeur réside dans sa capacité à jongler avec les budgets, les échéanciers et les parties prenantes (municipalités, propriétaires terriens, ingénieurs). La progression mène à des postes de direction du développement ou de la stratégie d’entreprise. Comme le montre l’exemple d’Énergir, des passerelles existent, mais les deux parcours cultivent des compétences distinctes : l’un est spécialiste de la machine, l’autre chef d’orchestre du processus.
L’erreur des diplômés qui acceptent des stages en énergies propres à 15 $CAD/h sans perspective d’embauche
Le conseil “fais un stage pour te faire connaître” est un classique. Dans le secteur des énergies propres, c’est un conseil à double tranchant qui peut se transformer en piège. Je vois trop de jeunes diplômés, pleins d’enthousiasme, accepter des stages sous-payés, parfois même en deçà du salaire minimum québécois (fixé à 15,75 $/h en 2024), avec la vague promesse d’une embauche. C’est ce que j’appelle le stage-piège : une expérience qui vous coûte du temps et de l’argent sans offrir de réelles compétences transférables ni de perspective de carrière.
Un bon stage est un investissement de l’entreprise en vous. Un mauvais stage est une source de main-d’œuvre à bas coût. La distinction est cruciale. Les entreprises sérieuses comme Hydro-Québec ou les grandes firmes d’ingénierie (Boralex, Innergex) ont des programmes de stages structurés. Ces programmes incluent un plan de mentorat clair, une exposition à des projets techniques concrets et, surtout, un processus d’évaluation formel en vue d’une embauche. Ils ne se contentent pas de vous assigner des tâches administratives.
Avant d’accepter une offre, vous devez agir comme un recruteur… pour vous-même. Évaluez l’opportunité avec un œil critique. Un salaire dérisoire, l’absence d’un superviseur désigné ou un descriptif de tâches flou sont des drapeaux rouges majeurs. Un stage doit être une passerelle, pas une impasse. Il vaut mieux patienter et cibler une entreprise qui a un programme reconnu que de se précipiter sur la première offre venue. Voici une liste pour vous aider à distinguer les vraies opportunités des stages-pièges :
- Drapeau ROUGE : Salaire inférieur au salaire minimum québécois sans compensation claire (ex: crédits universitaires).
- Drapeau ROUGE : Absence de plan de mentorat structuré ou de superviseur attitré.
- Drapeau ROUGE : Descriptif de tâches centré sur des activités administratives, sans contact avec les aspects techniques.
- Drapeau VERT : Fait partie d’un programme de stage officiel chez un acteur majeur comme Hydro-Québec ou FirstLight Power.
- Drapeau VERT : Engagement écrit ou processus clair pour la considération à un poste permanent à la fin du stage.
- Drapeau VERT : Inclut des formations techniques et l’opportunité d’obtenir des certifications payées par l’employeur.
Quelles régions du Québec recruteront le plus dans les énergies propres d’ici 2028 ?
Si vous pensez que la transition énergétique se joue uniquement à Montréal, vous passez à côté de l’essentiel des opportunités. Les technologies propres, qui représentent déjà plus de 20 milliards de dollars de PIB en 2021, sont un moteur de développement régional majeur. Le Québec compte plus de 400 entreprises dans ce secteur, et elles sont réparties sur tout le territoire, créant des pôles de spécialisation régionaux qui seront les principaux bassins d’emplois de demain.
Chaque région développe son propre écosystème en fonction de ses ressources et de son tissu industriel. Connaître cette carte est un avantage stratégique pour tout candidat :
- La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et l’Est-du-Québec sont et resteront le cœur de l’industrie éolienne. Les grands parcs y sont installés et la demande en techniciens de maintenance y est constante.
- Montréal et sa couronne se concentrent sur l’électrification des transports, avec l’écosystème de Propulsion Québec, et sur les services d’ingénierie et de financement de projets.
- L’Estrie se distingue par son pôle d’innovation dans les matériaux biosourcés et l’efficacité énergétique des bâtiments.
- La Mauricie et le Saguenay–Lac-Saint-Jean, avec leur tradition industrielle, misent sur le développement de l’hydrogène vert et de la bioénergie.

Cette spécialisation signifie que les compétences recherchées varient d’une région à l’autre. Un spécialiste en composites de pales d’éoliennes trouvera plus facilement à Matane qu’à Sherbrooke. Inversement, un expert en batteries trouvera son bonheur dans la grappe montréalaise. D’ici 2028, avec les nouveaux appels d’offres d’Hydro-Québec pour l’éolien et la croissance continue du solaire et de la biomasse, ces pôles régionaux vont intensifier leur recrutement. Se positionner dans la bonne région avec les bonnes compétences est donc la stratégie la plus payante à long terme.
Comment passer d’un métier traditionnel à un poste en énergie renouvelable au Québec sans repartir de zéro ?
L’une des plus grandes erreurs que je vois est de croire qu’une transition vers les énergies renouvelables exige d’abandonner son expérience passée. C’est tout le contraire. Les compétences transférables issues des métiers traditionnels (construction, industrie, mécanique) sont extrêmement précieuses. Le secteur a besoin de gens qui savent déjà travailler avec leurs mains, qui comprennent les systèmes électriques et mécaniques, et qui sont familiers avec les normes de sécurité des chantiers. La clé est de ne pas repartir de zéro, mais de bâtir sur vos acquis.
La transition réussie passe par l’ajout de briques de compétences spécifiques au secteur vert. Un électricien résidentiel possède déjà 80% des connaissances nécessaires pour installer des panneaux solaires et des bornes de recharge. Ce qui lui manque, ce sont quelques certifications ciblées pour maîtriser les spécificités de ces technologies. De même, un mécanicien de machinerie lourde est un candidat idéal pour devenir technicien de maintenance dans une centrale à la biomasse ou un parc éolien, à condition de suivre une formation complémentaire (AEC) sur les systèmes spécifiques.
Voici des parcours de reconversion concrets qui capitalisent sur les métiers existants :
- Mécanicien de machinerie lourde → Technicien de maintenance en centrale biomasse : Avec une AEC de 6 mois, le potentiel de revenu peut augmenter de 15%.
- Électricien résidentiel → Spécialiste en installation solaire et bornes de recharge : Nécessite 3 certifications courtes (CMEQ, RBQ solaire, EVSE) pour un potentiel de revenus de +25%.
- Plombier → Expert en géothermie : Une formation de 3 à 6 mois en systèmes géothermiques ouvre la porte à des projets résidentiels et commerciaux à forte valeur ajoutée.
- Soudeur industriel → Technicien en assemblage de tours d’éoliennes : Requiert une certification CWB et une formation en sécurité en hauteur (GWO) pour accéder à des postes très en demande.
Des entreprises majeures comme Tetra Tech, qui a un portefeuille de plus de 550 MW de projets éoliens, recherchent activement ces profils hybrides. Comme le soulignent leurs offres, l’expérience en milieu industriel est un atout majeur.
Tetra Tech est un fournisseur reconnu dans le domaine de l’énergie renouvelable avec plus de 550 MW de projets éoliens
– Tetra Tech Canada, Offre d’emploi – Reconversion énergies renouvelables
Plomberie, électricité ou HVAC : quel métier traditionnel rapporte le plus au Québec actuellement ?
Dans le contexte de la transition énergétique, la question n’est plus seulement de savoir quel métier de la construction paie le plus, mais quelle spécialisation verte au sein de ce métier offre le meilleur potentiel de croissance. Les salaires de base, souvent régis par les décrets de la Commission de la construction du Québec (CCQ), sont déjà intéressants. Cependant, c’est la couche de spécialisation en technologies propres qui agit comme un véritable multiplicateur de revenus. Les clients sont prêts à payer une prime pour une expertise qui leur fera économiser de l’énergie à long terme.
L’électricien qui se spécialise dans les réseaux intelligents, le stockage d’énergie et l’installation solaire photovoltaïque voit son expertise valorisée. Il ne se contente plus de tirer des fils ; il conçoit des systèmes énergétiques domestiques. De même, le plombier qui maîtrise les systèmes géothermiques à boucle fermée ou ouverte accède à un marché de niche à très haute valeur, bien au-delà de la plomberie traditionnelle. Le technicien en ventilation et climatisation (HVAC) qui devient un expert en thermopompes à haute efficacité et en systèmes de récupération de chaleur se positionne comme un acteur clé de la décarbonation des bâtiments.
Les programmes d’aide financière du gouvernement du Québec, comme Chauffez vert ou Rénoclimat, stimulent la demande pour ces spécialistes. Un professionnel qui peut non seulement installer l’équipement, mais aussi conseiller son client sur les subventions disponibles, offre une valeur double. Le tableau ci-dessous illustre clairement l’impact financier de cette spécialisation.
| Métier | Salaire traditionnel (CCQ) | Spécialisation verte | Salaire avec spécialisation | Potentiel de croissance |
|---|---|---|---|---|
| Électricien | 55-75k $/an | Réseaux intelligents, solaire | 75-95k $/an | +25-30% |
| Plombier | 50-70k $/an | Géothermie | 70-90k $/an | +20-25% |
| Technicien HVAC | 48-65k $/an | Thermopompes haute efficacité | 65-85k $/an | +20-30% |
À retenir
- La pénurie de main-d’œuvre la plus critique dans les énergies propres au Québec concerne les techniciens de terrain, pas les postes de bureau.
- Des certifications ciblées et rapides (ASP Construction, GWO) ont souvent plus de valeur pour un employeur qu’un long diplôme universitaire généraliste.
- La reconversion à partir d’un métier traditionnel (électricien, mécanicien) est l’une des voies les plus rapides et lucratives pour intégrer le secteur.
Métiers traditionnels au Québec : comment atteindre 75 000 $CAD sans diplôme universitaire ?
Oui, il est tout à fait réaliste d’atteindre, et même de dépasser, un salaire de 75 000 $ par année au Québec sans passer par l’université. La voie royale pour y parvenir est de miser sur les métiers techniques spécialisés, où la demande explose. Les énergies renouvelables sont devenues le nouvel ascenseur social technique du Québec, offrant des carrières lucratives basées sur l’expertise pratique plutôt que sur le niveau d’études académiques. Le secteur éolien en est l’exemple parfait.
Le parcours salarial d’un technicien en maintenance d’éoliennes est clair et prévisible. Un diplômé d’un DEP en électromécanique ou en maintenance industrielle peut débuter comme technicien junior avec un salaire avoisinant les 55 000 $ annuels. Après 3 à 5 ans d’expérience et l’obtention des certifications GWO essentielles, il devient technicien senior et son salaire franchit facilement le cap des 75 000 $. À ce stade, il est un professionnel autonome, capable de diagnostiquer des pannes complexes et d’assurer la fiabilité du parc éolien.
La progression ne s’arrête pas là. Avec 5 à 7 ans d’expérience, un technicien senior peut évoluer vers un poste de superviseur de maintenance. À ce niveau de responsabilité, où il gère une équipe et planifie les opérations, le salaire dépasse régulièrement les 90 000 $ par an. Ce parcours démontre qu’une carrière technique bien planifiée offre une progression salariale comparable, voire supérieure, à celle de nombreux diplômés universitaires, mais avec un investissement initial en temps et en argent beaucoup plus faible. C’est une réalité économique que de plus en plus de professionnels en transition commencent à comprendre, d’autant que selon l’Institut de la statistique du Québec, déjà en 2019, 65,4% des entreprises québécoises utilisaient au moins une technologie propre, montrant l’ampleur du marché.
L’étape suivante est claire : évaluez vos compétences actuelles, identifiez le métier de transition qui vous correspond et bâtissez votre plan de formation ciblé. Le marché québécois n’attend pas les généralistes, il recrute les spécialistes.